Le Roi Arthur



Lorsque l’on cherche à cerner le véritable Arthur, il est important de replacer ses exploits dans le contexte troublé de la fin de l'Empire romain.

Au Ve siècle, la Grande-Bretagne est en plein chaos, abandonnée par les légions romaines. La population locale doit faire face à de nouveaux envahisseurs, en particulier les Saxons, les Jutes, et les Angles, qui déferlent depuis l’est.

Le Chef de Guerre Contre les Saxons

Les rares sources historiques, notamment les "Annales Cambriae" et l’"Historia Brittonum" attribuée au moine Nennius, mentionnent un chef de guerre nommé Arthur qui aurait mené les Bretons lors de douze batailles contre les envahisseurs saxons.

La plus célèbre de ces batailles est celle du Mont Badon, où il aurait remporté une grande victoire, infligeant de lourdes pertes aux Saxons et ralentissant leur avance. Cette victoire aurait permis de stabiliser les territoires bretons pendant plusieurs décennies.

Le titre de "dux bellorum" (chef de guerre) qui lui est parfois attribué dans les sources suggère qu'Arthur n'était pas nécessairement un roi, mais plutôt un commandant militaire reconnu pour sa capacité à rassembler les forces locales. Cette période post-romaine était caractérisée par l'émergence de petits royaumes en compétition, chacun dirigé par un chef ou un roi local, et il est probable qu'Arthur jouait un rôle de fédérateur, coordonnant les efforts des différents clans bretons pour repousser les menaces extérieures.



Après le retrait de l'Empirer Romain, les Iles britanniques sont divisées en différents royaumes

Une Figure Militaire Plutôt Qu’un Roi

L'une des théories les plus acceptées par les historiens est qu'Arthur pourrait avoir été un grand propriétaire terrien romanisé, issu de l'aristocratie bretonne ou d'origine mixte romano-bretonne. Il aurait pu se constituer une troupe de soldats privés, appelés bucellaires, qui étaient des mercenaires nourris et payés par leurs employeurs. Ces unités, qui incluaient souvent des cavaliers d'élite, pourraient être à l'origine du mythe des chevaliers d'Arthur.

Le Mystère de Camelot et les Forteresses Bretonnes

Camelot, le légendaire château d’Arthur, est souvent associé à l’idéal d’un royaume unifié. Toutefois, les sources historiques ne fournissent aucune preuve de l’existence d’un tel lieu. Certains historiens pensent que Camelot pourrait faire référence à une colline fortifiée ou un ancien camp romain où Arthur aurait établi son quartier général.



Représentation romancée du château de Camelot.

Divers sites en Grande-Bretagne sont proposés comme candidats, notamment Cadbury Castle dans le Somerset ou la colline de Tintagel en Cornouailles, où des fouilles ont révélé des structures datant de l'époque arthurienne.

Il est possible qu'Arthur ait été actif dans plusieurs régions, se déplaçant d'une forteresse à l'autre pour coordonner la défense contre les envahisseurs. Cette mobilité aurait été essentielle dans un contexte où les incursions saxonnes étaient fréquentes et imprévisibles.

La Postérité d'Arthur

Vers la fin du Ve siècle, le paysage politique de la Grande-Bretagne se transforme. Si Arthur a bien existé, ses efforts ont probablement retardé, mais non empêché l'implantation des Anglo-Saxons, qui continueront à progresser jusqu'à la conquête de la majorité du territoire britannique.

Néanmoins, son nom apparaît dans plusieurs familles royales du pays de Galles et de Cornouailles, suggérant que le personnage, réel ou symbolique, avait déjà une grande notoriété peu après sa supposée mort à la bataille de Camlann.



La mort d'Arthur après la bataille.

La persistance du nom "Arthur" dans les généalogies galloises et bretonnes du VIe siècle indique qu'il a marqué les esprits. Les Bretons, cherchant à affirmer leur identité dans un monde en changement, auraient alors pu magnifier les exploits d'un chef de guerre, faisant de lui un symbole de résistance et de cohésion pour les générations suivantes.

Une Époque Charnière : La Lutte pour la Survie de la Culture Bretonne

La Grande-Bretagne du VIe siècle n'est pas seulement un théâtre de guerres ; c'est aussi une période de profonde mutation culturelle. Alors que l'influence romaine s’efface, les traditions celtiques reprennent de l'importance, tout en se combinant avec les nouveaux courants du christianisme, et les cultures germaniques des envahisseurs. Les chefs de guerre comme Arthur, s'ils existaient, devaient jouer un rôle crucial dans cette transition, en tant que défenseurs non seulement de leur territoire, mais aussi d'un mode de vie et d'une identité culturelle.

C'est dans ce contexte que l'histoire d'Arthur a commencé à prendre une dimension légendaire, où la réalité se mêle aux récits mythiques pour donner naissance à une figure qui n'est plus seulement un homme, mais un symbole de l'âme bretonne.

En mettant l'accent sur ces aspects, on peut développer une vision d'Arthur non seulement comme une figure mythique, mais aussi comme un potentiel personnage historique inscrit dans les luttes de son temps.



Quiz de révision

Vrai ! Avant l'heptarchie
Faux ! C'était un chef de guerre parmi d'autres.
Faux ! Il s'agissait certainement d'un camp retranché romain, en bois. Les châteaux forts médiévaux n'apparaissent qu'au XIème siècle en Angleterre !
Aux anglo-saxons, qui envahissent l'île au Vème siècle
À la bataille du Mont Badon, vers 500.