La chute de l’Empire romain marque un tournant dans l’histoire de l’Angleterre. Abandonnée par Rome au début du Vᵉ siècle, la province de Britannia se retrouve isolée et vulnérable aux invasions.
L'effondrement de l'autorité impériale laisse un vide politique que les populations locales tentent de combler dans un contexte d’insécurité et d’instabilité croissante. Cette période de transition, qui s’étend du Ve au VIIe siècle, voit l'émergence de royaumes anglo-saxons et pose les bases de l'Angleterre médiévale.
La Fin de la Domination Romaine en Angleterre
Après plusieurs siècles de domination romaine, la province de Britannia est bien intégrée dans l’Empire : des villes fortifiées, des routes et des infrastructures attestent de l’influence romaine. Cependant, dès la fin du IVᵉ siècle, l’Empire romain se fragilise. Menacé par des invasions barbares sur plusieurs fronts, il se trouve contraint de retirer progressivement ses légions de ses provinces les plus éloignées pour défendre son cœur.
En 410, l’empereur Honorius envoie une lettre aux cités de Britannia leur conseillant de se défendre seules. Ce message marque le désengagement officiel de Rome, qui laisse la province exposée aux attaques extérieures, notamment des Pictes, des Scots et des tribus germaniques. La perte de protection militaire romaine crée un climat d'insécurité qui va influencer toute l’histoire de l’Angleterre post-romaine.
La Fin de l’Administration Romaine
L’absence des légions romaines entraîne l’effondrement de l’administration provinciale. Les Britanniques, privés de l’organisation centrale romaine, sont contraints de s’organiser localement. Certains seigneurs et aristocrates locaux prennent le pouvoir et tentent de maintenir un semblant d’ordre, mais la désorganisation est profonde.
Les structures urbaines se dégradent, et les villes commencent à se vider. La population se réfugie dans des zones rurales, mieux protégées contre les pillages. L’économie, autrefois basée sur le commerce à travers tout l’Empire, devient de plus en plus autarcique, et la production agricole remplace progressivement les échanges commerciaux.
Les connaissances techniques et administratives romaines se perdent progressivement, et l’Angleterre connaît une régression dans plusieurs domaines.
Les Invasions Germaniques et l’Établissement des Anglo-Saxons
Au début du Vᵉ siècle, les premières tribus germaniques, principalement des Angles, des Saxons et des Jutes, traversent la mer du Nord pour s’installer en Angleterre. Selon la légende rapportée par Bède le Vénérable, un chroniqueur du VIIIᵉ siècle, les Britanniques auraient même invité certaines de ces tribus pour les aider à défendre leurs terres contre les Pictes et les Scots.
La période qui suit la chute romaine en Angleterre est cependant marquée par la résistance des Britto-Romains. Bien que fragmentés, certains groupes britanniques tentent de défendre leur territoire face aux Anglo-Saxons. Cette lutte de résistance prend une dimension mythique avec la légende du roi Arthur, un chef militaire qui aurait mené les Britanniques dans une série de batailles contre les envahisseurs anglo-saxons.
Cependant, les Anglo-Saxons finissent par prendre le contrôle de vastes territoires. Ils fondent alors des royaumes indépendants, notamment le Wessex, le Sussex, l’Essex, l’Anglia orientale et le Kent, qui se multiplient au fil des décennies.
Les royaumes anglo-saxons
L’Arrivée du Christianisme et la Transformation de la Société Anglo-Saxonne
Alors que les Anglo-Saxons s’installent solidement en Angleterre, le christianisme, qui avait été introduit sous la domination romaine, connaît une éclipse temporaire. La majorité des envahisseurs germaniques restent païens, et le culte chrétien recule dans les nouveaux royaumes anglo-saxons.
Cependant, le christianisme revient en Angleterre au VIᵉ siècle, en partie grâce aux efforts missionnaires envoyés par Rome et par l’Irlande. En 597, le pape Grégoire Ier envoie saint Augustin de Canterbury pour convertir le roi Æthelberht du Kent. Cette conversion marque le début de la christianisation des Anglo-Saxons et de la réintégration de l’Angleterre dans le réseau chrétien européen.
La conversion au christianisme apporte avec elle une renaissance culturelle et spirituelle. Les moines et les missionnaires réintroduisent l’écriture, fondent des monastères, et préservent certains manuscrits antiques. Le christianisme contribue également à renforcer l’unité politique et culturelle des différents royaumes anglo-saxons, créant des liens avec l’Europe continentale.
La Formation des Royaumes Anglo-Saxons
À la fin du VIᵉ et au début du VIIᵉ siècle, les différents royaumes anglo-saxons se consolident et entrent dans une période de rivalités et d’alliances. L’Heptarchie — les sept principaux royaumes d’Angleterre — se stabilise, bien que des luttes de pouvoir persistent.
Chaque royaume possède son propre roi, ses lois et ses coutumes, mais le christianisme introduit des valeurs partagées, facilitant les échanges culturels et les alliances politiques. L’écriture et les lois sont peu à peu rétablies, et une aristocratie anglo-saxonne se forme, ancrée dans la société chrétienne.
Le VIIᵉ siècle voit ainsi l’émergence d’une société anglo-saxonne structurée et organisée, avec des royaumes solides et des institutions locales. La noblesse anglo-saxonne adopte progressivement des pratiques religieuses et administratives issues du monde chrétien, et des relations diplomatiques et commerciales s’établissent avec le continent européen, ancrant l’Angleterre dans le monde médiéval.
Quiz de révision
Cet exode est une conséquence de la réorganisation économique : on passe d'une économie commerciale sous l'Empire à une économie plus agraire.

