Henri VII d'Angleterre : Fondateur de la Dynastie Tudor et Restaurateur de la Paix



Henri VII (1457 - 1509) est une figure majeure de l'histoire anglaise. Fondateur de la dynastie Tudor, il accède au trône en 1485 après sa victoire sur Richard III à la bataille de Bosworth, mettant fin à la guerre des Deux-Roses. Son règne marque une ère de transition, rétablissant la stabilité politique et économique après des décennies de guerre civile.

Origines et Revendications

Une Ascendance Complexe

Henri Tudor est le fils de Margaret Beaufort et d’Edmond Tudor. Sa revendication au trône repose sur sa lignée maternelle, issue de Jean de Gand, fils d’Édouard III, et de Katherine Swynford. Cependant, les Beaufort, descendants de ce couple, étaient d’origine illégitime, et leur légitimité avait été reconnue sous conditions par Henri IV. Ce statut affaiblit les droits d’Henri, faisant de lui un prétendant moins évident que certains membres des maisons royales européennes.

Une Jeunesse Turbulente

Né au château de Pembroke au Pays de Galles en 1457, Henri devient comte de Richmond dès sa naissance, après la mort de son père. Durant son enfance, il est pris sous la garde de William Herbert, un partisan yorkiste, tandis que sa mère se remarie avec Henry Stafford. La montée au pouvoir des York, avec Édouard IV, place Henri dans une position précaire.

En 1471, après la mort du roi Henri VI et de son fils Édouard de Westminster, Henri devient le dernier espoir de la maison de Lancastre. Il est contraint de s’exiler en Bretagne pendant quatorze ans, sous la protection du duc François II.

Ascension au Trône

L’Exil et la Révolte de Buckingham

En 1483, la mort d'Édouard IV et la montée au pouvoir de Richard III créent des opportunités pour Henri. Ce dernier devient un point de ralliement pour les opposants à Richard III, notamment après les rumeurs de l’assassinat des « princes de la Tour », les enfants d'Edouard III. La révolte menée par le duc de Buckingham en 1483 échoue, mais elle établit Henri comme un prétendant sérieux au trône.

Henri promet d’unir les maisons rivales de Lancastre et d’York en épousant Élisabeth d’York, fille d’Édouard IV. Avec l’appui de François II de Bretagne, il rassemble des troupes pour une nouvelle tentative de prise de pouvoir.

La Bataille de Bosworth (1485)

Le 22 août 1485, Henri affronte Richard III à Bosworth. Grâce au soutien de Thomas Stanley, beau-père d’Henri, et à des défections dans les rangs yorkistes, Richard est vaincu et tué sur le champ de bataille. Henri est proclamé roi d’Angleterre et couronné en octobre de la même année.

Consolidation du Pouvoir

Mariage et Symbolisme

Pour renforcer sa légitimité, Henri épouse Élisabeth d’York en 1486, scellant ainsi l’union des maisons de Lancastre et d’York. Il crée la rose Tudor, combinant la rose rouge des Lancastre et la rose blanche des York, comme emblème de la nouvelle dynastie.

Répression des Rébellions

Malgré son couronnement, Henri fait face à des révoltes, notamment celles de Lambert Simnel en 1487 et de Perkin Warbeck dans les années 1490. Simnel est capturé et pardonné après la bataille de Stoke. Warbeck est également vaincu et exécuté en 1499. Ces deux rebelles se faisant passer pour les héritiers assassinés d'Edouard IV.

Henri utilise habilement la politique et la force pour neutraliser ses ennemis, limitant notamment les armées privées des nobles, source de troubles pendant la guerre des Deux-Roses.

Réformes et Politique Intérieure

Restauration de l’Autorité Royale

Henri VII met en œuvre des réformes pour renforcer le pouvoir royal. Il crée le Conseil du Roi, qui surveille et contrôle la noblesse, et limite le droit des barons de lever des armées privées. Ces mesures réduisent les rivalités entre nobles et augmentent la stabilité du royaume.

Politique Économique

Henri est réputé pour sa gestion prudente des finances. Il restaure un trésor vidé par les guerres civiles, grâce à des taxes efficaces et des amendes imposées aux nobles rebelles. Il établit également la première cale sèche d’Europe à Portsmouth et encourage le commerce maritime, posant les bases d’une économie prospère.

Soutien aux Paysans

Henri prend des mesures pour limiter le mouvement des enclosures, qui privait les paysans de leurs terres communes. Bien que motivées en partie par des considérations militaires, ces lois montrent une volonté de protéger les classes rurales.

Politique Étrangère

Henri VII adopte une politique pragmatique et pacifique. Il signe le traité de Medina del Campo avec l’Espagne en 1489, scellant le mariage de son fils Arthur avec Catherine d’Aragon. Il évite les guerres coûteuses avec la France en concluant le traité d’Étaples en 1492, garantissant une compensation financière substantielle.

Avec l’Écosse, il établit une paix durable en mariant sa fille Marguerite au roi Jacques IV en 1503, unissant les deux royaumes par des liens dynastiques.

Fin de Règne et Héritage

La Perte de Son Héritier

La mort de son fils aîné, Arthur, en 1502, bouleverse Henri. Il obtient une dispense papale pour permettre à Catherine d’Aragon, mariée au défunt Arthure,  d’épouser son fils cadet, le futur Henri VIII. De plus, la mort de sa femme Élisabeth d’York en 1503 accentue sa mélancolie.

Mort et Succession

Henri VII meurt le 21 avril 1509 au palais de Richmond, laissant un royaume stable et une dynastie prête à prospérer. Il est enterré à l’abbaye de Westminster aux côtés d’Élisabeth. Son fils Henri VIII lui succède sans contestation, consolidant l’héritage Tudor.