Le Royaume de Koush



Le royaume de Koush

Le royaume de Koush se trouvait dans la région de la Nubie. Pour se repérer plus précisément, cela constitue le sud de l’Égypte et le nord du Soudan actuel. Avant de devenir le royaume de Koush, ces terres nubiennes  appartenaient à un autre royaume, celui de Kerma. 

Voisin de l’Egypte antique, le royaume de Kerma semble avoir été assez influent jusqu’à ce qu’il soit conquis par l’Égypte en 1504 av. J.C. après près d’un millénaire d’existence. Suivant cette défaite, le royaume de Kerma fut alors intégré au Nouvel Empire. Ce n’est qu’après la dissolution du Nouvel Empire, en 1070 av. J.C., que le royaume de Koush émergea. 

La culture koushite est une culture hybride entre la culture égyptienne et néolithique. Suite au contrôle égyptien du royaume de Koush, les koushites ont dû s’adapter aux coutumes de la civilisation égyptienne tout en gardant leur esthétique néolithique. Les koushites construisaient des pyramides pour leurs morts les plus importants, et ils vénéraient Amon, le roi du panthéon divin égyptien.



Pyramides Koushites

L'économie de Koush reposait sur l'agriculturel’élevage, mais c’est surtout pour ses mines d’or que la région est connue à l’époque. Le commerce transsaharien et fluvial le long du Nil était crucial, facilitant l'échange de produits comme l'ivoire, l'encens, et les textiles.

On peut diviser l’histoire du royaume de Koush à partir de 1070 av. J.C. en trois périodes culturelles : 

La perdiode de Napata

Durant cette période, Koush ira jusqu’à dominer l’Égypte, en plaçant sur le trône la XXVe dynastie de pharaon, également appelée dynastie koushite ou éthiopienne. Les pharaons koushites, tels que Piye et Taharqa, ont joué un rôle crucial dans la revitalisation de la culture égyptienne. 

La période méroitique

La capitale se déplace à Méroé, où Koush connaît une ère de prospérité grâce au commerce avec l'Afrique subsaharienne, l'Égypte, et même les régions méditerranéennes. Méroé devient un centre majeur de production de fer et de culture.



Sculpture d'éléphant sur le site de Méroé

Les periodes post-méroïtique

Après la chute de la capital Méroé, la Nubie se fragmente en plusieurs petits royaumes. Parmi ceux-ci, trois entités majeures émergent : Nobatia, Makuria et Alodia. Ces royaumes successeurs héritèrent de certaines traditions méroïtiques tout en développant des caractéristiques distinctes.​



Les candaces, femmes de pouvoirs à koush

Le terme «candace» désigne les femmes de la lignée royale du royaume de Koush. Dans beaucoup de cas la candace était la sœur ou la mère du roi koushite. Elle détenait la majorité du pouvoir, car l’héritage se transmettait de manière matrilinéaire, c’est à dire que ce sont les descendants de la lignée royale féminine qui ont le droit de succession. Ainsi, le fils du Roi ne pourra pas directement régner, car il vient de la lignée masculine. Au contraire si la soeur du Roi accouche d’un enfant, ce sera lui le successeur. 

Les candaces pouvaient donc être à la fois les sœurs des rois koushites et les mères du prochain. Quand il n’y avait pas d’héritier masculin ou qu’il n’était pas en âge de régner, c’était la candace qui dirigeait le royaume, à l’instar d’Amanishakhéto (période meroitique). De plus, les candaces étaient pour la plupart des guerrières redoutables.



Relief d'Amashikhéto

Le trésor d’Amashikhéto

En 1834, l’explorateur italien Giuseppe Ferlini et son partenaire Antonio Stefani, en quête de trésor dans les pyramides méroïtiques encore non ouvertes, découvrent un butin considérable dans celle d’Amanishakhéto, une Candace de la période mériotique.

Cet immense trésor un intérêt archéologique et historique pour l’histoire du royaume de Koush car ce nombre considérable de bijoux atteste de la richesse et du statut important de ces dynasties royales koushites. De plus, la collection de bijoux d’Amanishakhéto fut le plus imposant trésor trouvé dans une pyramide jusqu’à la découverte de la pyramide de Toutânkhamon dans la vallée des Rois en 1922.



Bijoux d'Amanashikhéto

Amanashakhéto ne fut pas une guerrière aussi renommée que sa mère, ou encore une bâtisseuse aussi connue que sa successeuse Amanitor, mais elle a largement participé à la redécuoverte de la culture maroïtique. En effet, c'est grâce à sa large collection de bijoux que les explorateurs et archéologues se sont penchés sur cette région voisine à l'Égypte afin de découvrir la culture hybride à laquelle ces candaces appartenaient.



la pyramide d'Amanishakhéto, avant qu'elle ne soit détruite.