Aux Origines des Hittites
- Émergence et Établissement
Les premiers Hittites apparaissent dans les textes antiques comme occupants de la Cappadoce (plateau anatolien) au début du IIe millénaire av. J.-C. Leur langue, le nésite, est l'une des plus anciennes langues indo-européennes attestées. C'est au XVIIe siècle av. J.-C. que les Hittites établissent leur capitale à Hattusha, sous le règne de Hattusili Ier, lançant ainsi leur royaume vers une ère de puissance et d'expansion.
La porte des lions, à Hattusha.
- L'Ancien Royaume Hittite (c. 1625-1500 av. J.-C.)
Sous Hattusili Ier et son successeur Mursili Ier, le royaume hittite se transforme en une force majeure capable de défier Alep et Babylone. C’est à cette période qu’il mène des campagnes victorieuses en Syrie et en Anatolie. Cependant, des troubles internes et l'émergence du Mittani, royaume situé en actuelle Syrie, affaiblissent temporairement le royaume, provoquant une période d’instabilité.
La Période Moyenne et le Renouveau Hittite
- Repli et Résilience (c. 1500-1375 av. J.-C.)
Après cette période d'instabilité, le royaume hittite parvient à survivre et à se consolider sous des rois tels que Télipinu, qui met en place des réformes pour stabiliser le royaume. Cette période est marquée par une réorganisation interne et un renforcement des institutions, préparant le terrain pour un renouveau spectaculaire.
- Le Nouvel Empire Hittite (c. 1375-1185 av. J.-C.)
La véritable ascension des Hittites commence avec Suppiluliuma Ier, qui règne au milieu du XIVe siècle av. J.-C. Suppiluliuma Ier est l'un des plus grands rois hittites, connu pour ses conquêtes audacieuses et ses stratégies diplomatiques. Il réussit à réduire la puissance du Mittani et à bousculer l'Égypte, étendant l'influence hittite sur une vaste région. Suppiluliuma Ier établit également des alliances stratégiques, comme le mariage de ses filles avec des rois voisins, renforçant ainsi les liens politiques.
La civilisation Hittite à son expansion maximale.
Les Grandes Guerres et Alliances
- Conflits avec l'Égypte
Les successeurs de Suppiluliuma Ier continuent les conflits avec l'Égypte. Le point culminant de ces affrontements est la célèbre bataille de Qadesh, vers 1274 av. J.-C., où Muwatalli II affronte Ramsès II. Bien que cette bataille soit souvent revendiquée comme une victoire par les deux camps, elle se solde par un traité de paix assez neutre quelques années plus tard sous Hattusili III. Ce traité marque un tournant dans les relations entre les deux puissances, scellé par des mariages royaux qui symbolisent l’alliance.
- Menaces Internes et Externes
Le royaume hittite doit également faire face à des menaces internes, telles que les révoltes et les rivalités dynastiques, ainsi qu'à des menaces externes, notamment les incursions des Gasgas et des peuples de la mer. Les Gasgas, un groupe tribal du nord, posent une menace constante en attaquant les frontières hittites. Ces incursions répétées forcent les Hittites à maintenir une vigilance constante et à mener des campagnes défensives régulières.
L'Apogée et la Chute
- L'Empire au Sommet de sa Puissance
Sous Mursili II et Muwatalli II, l'empire hittite atteint son apogée. Les rois hittites réussissent à étendre leur influence en Anatolie, en Syrie et jusqu'en Mésopotamie. Mursili II, en particulier, mène des campagnes victorieuses contre les Gasgas, l'Arzawa et l'Ishuwa, consolidant l'empire. Cependant, l'ombre des conflits internes continue de planer, notamment avec l'exil et les tentatives de retour de prétendants au trône comme Urhi-Teshub.
- Effondrement du Royaume (début du XIIe siècle av. J.-C.)
Le début du XIIe siècle av. J.-C. marque le commencement de la fin pour l'empire hittite. La pression exercée par les peuples de la mer, des troubles internes et des conflits dynastiques précipitent la chute du royaume. Hattusha, la capitale, est abandonnée et pillée, et l'empire s'effondre rapidement.
Héritage des Hittites
Les Hittites ont laissé un héritage durable aux civilisations futures, notamment à travers leurs avancées en droit, administration et diplomatie, illustrées par leurs traités et archives cunéiformes. Leur maîtrise de la métallurgie, en particulier l'usage du fer, a influencé les technologies militaires et artisanales des peuples voisins. Leurs innovations architecturales et artistiques, ainsi que leur riche panthéon religieux, ont également imprégné les cultures de l'Anatolie et du Levant, contribuant à la transmission de savoirs et de pratiques qui perdurèrent bien après la chute de leur empire.


