La Civilisation Mycénienne



Montée en Puissance (1650-1400 av. J.-C.)

La civilisation mycénienne émerge au sud de la Grèce continentale vers 1650 av. J.-C. Initialement influencée par la civilisation minoenne de Crète, la culture mycénienne se développe grâce à une élite enrichie, comme en témoignent les tombes royales de Mycènes. Les Mycéniens adoptent des techniques et des motifs artistiques crétois tout en créant une culture distincte, notamment visible dans leurs fortifications et leurs palais. L'introduction de l'écriture linéaire B marque une avancée administrative et organisationnelle majeure.

Apogée (1400-1200 av. J.-C.)

Entre 1400 et 1200 av. J.-C., la civilisation mycénienne atteint son apogée. Les grands centres palatiaux tels que MycènesPylosThèbes et Tirynthe dominent le paysage politique et économique de la Grèce continentale. La société mycénienne est bien organisée, avec une hiérarchie sociale marquée et une économie florissante basée sur l'agriculture, le commerce et la guerre.

Les Mycéniens étendent leur influence à travers le monde égéen, établissant des colonies et des comptoirs commerciaux. Ils dominent la Crète après la destruction des palais minoens vers 1450 av. J.-C. et contrôlent des régions jusqu'en Asie Mineure, établissant des relations avec des civilisations comme les Hittites.



  • Religion

La religion mycénienne est polythéiste, avec un panthéon comprenant des dieux qui deviendront plus tard les divinités olympiennes de la Grèce classique.

Les Mycéniens adorent des dieux comme ZeusHeraPoséidon et Athéna, dont les noms apparaissent dans les tablettes en linéaire B. Les pratiques religieuses incluent des sacrifices animaux, des offrandes de nourriture et de boissons, et des cérémonies dans des sanctuaires souvent situés dans des palais ou des lieux naturels sacrés comme les grottes et les montagnes.

Les fresques murales et les objets votifs trouvés dans les sites archéologiques mycéniens montrent des scènes de processions religieuses et de rituels, soulignant l'importance des pratiques religieuses dans la vie quotidienne. Les prêtres et prêtresses jouent un rôle central dans ces rites, et il est probable que les rois mycéniens aient également servi de chefs religieux.



La "Dame de Mycènes", fresque du XIIIème siècle, représente peut-être une déesse.

  • Écriture

Les Mycéniens utilisent une forme d'écriture appelée linéaire B,  une forme archaïque du grec. La maitrise de l'écriture leur permet de s'organiser, avec des inventaires de biens, des listes de rations alimentaires, et des archives fiscales.

Ces tablettes montrent que l'administration mycénienne est centralisée autour des palais, qui supervisent la distribution des ressources et la production artisanale. Les textes en linéaire B ne contiennent pas de récits mythologiques ou historiques, mais fournissent des informations précieuses sur l'économie, la société et la religion mycénienne.



Tablette en linéaire B

  • Mode de Vie

Le mode de vie mycénien est centré autour des palais, qui sont des centres économiques, politiques et religieux. La société est hiérarchisée, avec un roi au sommet, suivi des nobles, des guerriers, des artisans et des paysans. Les palais mycéniens, comme celui de Pylos, sont complexes et comprennent des mégarons (grandes salles), des ateliers, des entrepôts et des zones résidentielles.



Ruine du mégaron de Mycènes.

Les maisons des classes moyennes et inférieures sont plus modestes, souvent construites en briques crues et en bois. Les Mycéniens pratiquent une agriculture diversifiée, cultivant des céréales, des vignes et des olives, et élevant du bétail. La chasse et la pêche complètent leur alimentation. Les artisans produisent une grande variété de biens, y compris des poteries, des textiles, des armes et des bijoux.



Bague en or représentant un char (1500 avant J.C.)



Bague en or : une déesse recevant des offrandes.



Vase

  • Commerce

Le commerce joue un rôle crucial dans la civilisation mycénienne. Les Mycéniens établissent des réseaux commerciaux étendus à travers la Méditerranée, échangeant des biens avec des cultures aussi lointaines que l'Égyptel'Anatolie et la Syrie. Ils exportent des produits comme l'huile d'olive, le vin, les poteries et les objets en métal, et importent des matières premières telles que l'or, l'ivoire et le cuivre.

Les fouilles archéologiques ont révélé des objets mycéniens en Italie, en Sardaigne, à Chypre et au Levant, témoignant de leurs vastes contacts commerciaux. Les ports mycéniens, comme celui de Mycènes, servent de hubs pour ces échanges. Le commerce contribue à la prospérité économique de la civilisation mycénienne et favorise l'influence culturelle mycénienne dans tout le bassin méditerranéen.

Déclin (1200-1100 av. J.-C.)

Vers 1200 av. J.-C., la civilisation mycénienne entre en déclin. Plusieurs facteurs contribuent à cette chute : des invasions, possiblement celles des "Peuples de la mer", des catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, et des troubles internesLes palais mycéniens sont détruits les uns après les autres, l'écriture linéaire B est abandonnée, et les structures administratives s'effondrent. Ce déclin marque le début des Âges Obscurs, une période de recul culturel et économique qui dure jusqu'à environ 800 av. J.-C. Lorsque la civilisation grecque se redresse, elle le fait sur des bases nouvelles, largement distinctes de l'époque mycénienne.

La civilisation mycénienne, malgré sa disparition, a laissé un héritage durable qui a influencé la culture grecque classique. Les découvertes archéologiques et les textes en linéaire B fournissent un aperçu précieux d'une société complexe, organisée et influente, jetant les bases des développements ultérieurs dans la région égéenne.



La "porte des lionnes", entrée principale de la citadelle de Mycènes.