Les Pères Pèlerins, un Mythe Fondateur Américain



Une quête de liberté religieuse

Les Pères Pèlerins étaient des dissidents religieux, issus d'un mouvement puritain, un courant protestant extrême qui contestaient l'Église anglicane, trop proche des catholiques.

Persécutés en Angleterre, ils trouvèrent dans un premier temps refuge aux Pays-Bas, mais la peur de voir leur communauté perdre son identité culturelle et religieuse les poussa à envisager une nouvelle terre d'accueil. En 1620, ils embarquèrent à bord du Mayflower, et traversèrent l'Atlantique pour établir une colonie en Amérique.



Les colons quittent l'Europe, à bord du Mayflower

Leur objectif est de fonder dans le nouveau monde, une communauté pieuse guidée par une vision puritaine extrême, une éthique du travail et une discipline morale stricte. Certains d'entre eux voient même leur départ comme une mission spirituelle, un nouvel exode du peuple élu de Dieu vers la terre promise, pour y fonder une société exemplaire selon les préceptes de la Bible.

Avant même de débarquer, les colons signèrent le Mayflower Compact, un document qui instaurait un cadre de gouvernance collective inspiré des principes de démocratie et de solidarité. Ce pacte est souvent considéré comme l'un des précurseurs de la future Constitution américaine.

Après plusieurs mois de voyage, les pères pèlerins accostent sur les rivages du Massachusetts, dans la baie du cap cod. 



La baie du Cap Cod

Des défis majeurs à l'installation

L'arrivée en Amérique fut marquée par des difficultés considérables. L'hiver rigoureux de 1620-1621 eut des conséquences dramatiques : plus de la moitié des colons périrent en raison du froid, de la faim et des maladies. Ils étaient mal préparés à affronter les conditions climatiques et n'avaient que peu de ressources pour cultiver la terre.

Heureusement, leur rencontre avec les peuples autochtones, en particulier les Wampanoags, permit de sauver la colonie. Un Indien du nom de Squanto, qui parlait anglais après avoir été capturé par des marchands européens, leur enseigna les techniques agricoles locales, comme la culture du maïs et la pêche.

Thanksgiving : Un festin salvateur

Grâce à l'aide des autochtonesles Pères Pèlerins parvinrent à récolter une bonne moisson à l'automne 1621. Pour célébrer cet événement, ils organisèrent un festin avec les Wampanoags. Cet événement, considéré comme la première action de grâce (Thanksgiving), est aujourd'hui célébré chaque année aux États-Unis en souvenir de cette entraide.



La première Thanksgiving

Des relations de plus en plus tendues

Toutefois, à mesure que la colonie de Plymouth se développait, les relations avec les autochtones se dégradèrent. Les colons européens commencèrent à occuper davantage de terres, souvent sans le consentement des tribus locales. Les tensions montèrent et débouchèrent sur des affrontements violents, comme la guerre de Pequot (1636-1638) et la guerre du Roi Philip (1675-1676), qui opposèrent les colons aux autochtones et marquèrent le début d'une longue période de conflits.

Un mythe fondateur américain

Le récit des Pères Pèlerins et de Thanksgiving s'est progressivement transformé en un mythe national aux États-Unis. Ils sont souvent dépeints comme les premiers bâtisseurs de la nation américaine, incarnant des valeurs de courage, d'audace, de persévérance et de liberté.

Alors Voilà...

Les Pères Pèlerins sont devenus un symbole de la recherche de liberté religieuse et de la colonisation du Nouveau Monde. Leur installation fut marquée par des épreuves mais aussi par des moments d'entraide, comme la première Thanksgiving.

Néanmoins, l'expansion de la colonie engendra inévitablement des conflits avec les peuples autochtones, préfigurant l'histoire tragique des relations entre Européens et Indiens d'Amérique. Ce récit, transformé en mythe fondateur, continue d'alimenter les débats sur l'identité et l'histoire américaine.