Le XVIIe siècle fut marqué par des conflits brutaux entre les colons anglais et les peuples autochtones d’Amérique du Nord, dans le contexte de l'expansion coloniale anglaise sur le territoire des actuels États-Unis. Parmi les affrontements les plus sanglants, la série des Guerres anglo-powhatans (1610-1646) et la Guerre des Pequots (1636-1638) incarnent la brutalité des affrontements entre Européens et indigènes, où les exactions, les massacres et la destruction systématique des tribus autochtones marquèrent à jamais l’histoire de la colonisation.
Les Guerres anglo-powhatans (1610-1646) : Un bain de sang sur la Virginie
Le premier conflit entre les colons anglais de Jamestown et la confédération powhatane éclata en 1610. Les tensions avaient commencé dès l’installation des Anglais en 1607, alors qu’ils s’accaparaient les terres et exigeaient des tribus locales un tribut alimentaire.
Premier massacre (1610-1614)
La guerre débuta avec une campagne de représailles impitoyable menée par les anglais, en réponse aux attaques powhatannes contre des colons de Jamestown, qui avaient été pris pour cible car ils accaparaient les terres autochtones.
Les colons attaquèrent les villages powhatans, brûlèrent leurs récoltes et massacrèrent hommes, femmes et enfants sans distinction. Les Anglais mirent en œuvre une tactique de terreur et de destruction, pillant les vivres et affamant sciemment les populations autochtones, une stratégie qui fut répétée avec une efficacité froide durant toute l’histoire coloniale.
Le massacre de Jamestown (1622)
En représailles aux empiètements anglais, Opechancanough, chef powhatan, organisa une attaque surprise le 22 mars 1622.
En une journée, près d’un tiers des colons de Virginie furent exterminés à coup de tomahawks et de flèches. Les powhatan frappant eux aussi indistinctement hommes, femmes et enfants. Les survivants, terrifiés, se barricadèrent.
Le massacre de Jamestown
Les anglais ripostèrent avec l'aide de tribus alliées. Encore une fois, ils incendiairent des villages et des récoltes, menaçant les powhatan de famine, ce qui poussa Opechancanough à engager des négociation de paix.
Mais lors des pourparlers, les colons vont faire preuve de lâcheté : ils servent du vin aux chefs powhatan, soi-disant en signe d'amitié, mais la boisson est empoisonnée. Les Indiens qui ne meurent pas du poison sont massacrés, sauf Opechancanough, qui parvient à s'enfuir miraculeusement.
La destruction totale (1644-1646)
En 1644, Opechancanough lance une dernière offensive désespérée, tuant 500 colons. Mais les Anglais, mieux armés et organisés qu'il y a vingt ans, déclenchèrent une répression aveugle.
Opechancanough, alors âgé de 90 ans, fut capturé et égorgé à Jamestown, tandis que tout les hommes de plus de 11 ans sont déportés de leur terres, isolés sur une île.
"Opechancanough menant ses troupes à la bataille"
En 1646, le traité de paix imposa aux Powhatans une soumission totale, réduisant la population indigène à l’état de parias sur leurs propres terres.
La confédération des powhatan se désintègra, laissant aux colons toute la liberté de s'installer plus loin dans les terres.
La Guerre des Pequots (1636-1638) : L’extermination méthodique d’un peuple
La Guerre des Pequots fut l’un des conflits les plus meurtriers entre colons et autochtones en Nouvelle-Angleterre. Ce fut une campagne d’extermination visant à anéantir totalement une tribu jugée trop résistante.
Déclenchement du conflit
Les tensions éclatèrent après l’assassinat de marchands anglais attribué aux Pequots. En représailles, les forces anglaises alliées aux tribus Narragansetts et Mohegans déclenchèrent une guerre totale.
Le massacre de Mystic (26 mai 1637)
L’un des épisodes les plus atroces de cette guerre fut le massacre de Mystic. Près de 700 Pequots, dont une majorité de femmes et d’enfants, furent encerclés dans leur village par les troupes anglaises menées par John Mason et John Underhill.
Plutôt que d’affronter directement les guerriers, les Anglais mirent le feu aux habitations. Pris au piège, les autochtones furent brûlés vifs ou abattus alors qu’ils tentaient de fuir.
Les récits d’époque décrivent un carnage absolu : les cris des enfants consumés par les flammes, les femmes éventrées par des soldats armés d’épées et de mousquets, le sol jonché de cadavres calcinés. Les alliés Narragansetts, horrifiés par l’ampleur du massacre, s’éloignèrent des Anglais après cette opération de terreur.
Le massacre de Mystic
Traque et anéantissement des Pequots
Après le massacre de Mystic, les Pequots furent pourchassés sans relâche. Les survivants furent traqués dans les forêts, exécutés sommairement ou réduits en esclavage. Certains furent envoyés aux Antilles comme esclaves, d’autres intégrés de force dans les tribus alliées aux Anglais.
En 1638, le traité de Hartford marqua officiellement la fin de la guerre et la dissolution du peuple Pequot. Le nom même des Pequots fut interdit, et toute survivance de leur culture fut effacée.
Une stratégie de terreur systématique
Les Guerres anglo-indiennes du XVIIe siècle furent le prélude à une politique coloniale basée sur la terreur et l’extermination. La logique était simple : affamer, brûler, massacrer, détruire jusqu’à ce qu’aucune résistance ne soit possible.
Ces guerres posèrent les bases d’un modèle de conquête impitoyable qui allait se répéter sur l’ensemble du continent nord-américain, annonçant des siècles de spoliation et de violences envers les peuples autochtones.
Ces conflits ne furent pas de simples affrontements militaires, mais de véritables opérations de nettoyage ethnique, où les représailles des deux camps se surpassaient en cruauté. Les souvenirs de ces guerres restent un témoignage glaçant de la brutalité de la colonisation européenne sur le sol américain, bien loin de l'idéal du "Thanksgiving".



