Dans le prolongement de Philippe II qui a forgé l'outil de la conquête, Alexandre bénéficie de nombreux atouts militaires, qui vont au-delà de son charisme personnel ou de son courage dans la bataille. Il dispose d'abord, au départ de l'expédition, d'une armée profondément réformée par son père, et aguerrie par les guerres. Cette armée est composée de différentes forces :
- Une phalange, à la fois puissante et mobile,
- Une cavalerie lourde, véritable force d'assaut,
- Une cavalerie légère, rapide à la manœuvre,
- Des tirailleurs, utiles pour le harcèlement,
- Des engins de siège, efficaces pour la prise des places fortes.
Enfin, il tire avantage d'une bonne connaissance du terrain grâce à l'emploi systématique d'éclaireurs avant les grandes batailles.
L'armée d'Alexandre dispose d'une grande supériorité tactique et technique sur ses adversaires. La cuirasse de 15 kg et le bouclier de 1 mètre de diamètre, qui alourdissent les hoplites grecs, ont été abandonnés à l'initiative de Philippe II. Les phalangites macédoniens portent un équipement défensif allégé et sont principalement armés d'une longue pique.
Guerriers macédoniens.
Durant les phases défensives, les phalangites forment une muraille de boucliers dont jaillissent une forêt de piques permettant de soutenir la puissance des charges adverses. Dans les phases offensives, les masses et les énergies cinétiques des phalangites se cumulent, rendant le choc tel qu'il peut renverser plusieurs rangs d'infanterie adverse.
Cet allègement permet également d'équiper un plus grand nombre d'hommes. La cavalerie lourde des Compagnons compense le manque de maniabilité des phalanges en protégeant leurs flancs vulnérables.
La cavalerie des Compagnons.
Les effectifs au départ de l'expédition d'Asie sont d'environ 40 000 fantassins et 1 800 cavaliers macédoniens, auxquels s’ajoutent un chiffre équivalent de cavaliers thessaliens et 600 autres recrutés dans les États grecs de la ligue de Corinthe. Ces effectifs, relativement faibles, sont à comparer aux 50 000 mercenaires grecs combattant dans l'armée perse. Les fantassins de la phalange, au nombre de 32 000, sont recrutés parmi la classe des propriétaires terriens. À ces troupes, il convient probablement d'ajouter les survivants du corps expéditionnaire envoyé par Philippe en Asie Mineure, soit au départ environ 10 000 hommes.
Alexandre ne laisse pas la Macédoine totalement dégarnie. Il confie à Antipater, désigné régent, environ 1 500 hommes et 12 000 fantassins. Au fil des conquêtes, des renforts parviennent d'Europe, tandis que des troupes indigènes sont intégrées à l'armée notamment 30 000 Perses qui rejoignent la phalange.
Les sources anciennes sont lacunaires, voire contradictoires, concernant les grandes batailles. Les montants des effectifs de l'armée perse, souvent surévalués de manière invraisemblable, sont généralement à prendre avec précaution.


