Pour les Grecs, l'Inde était une contrée mystérieuse et lointaine, connue principalement à travers les écrits d'Hécatée de Milet, d'Hérodote, et de Ctésias. Alexandre voyait en l'Inde une opportunité non seulement d'étendre les frontières de son empire mais aussi de contrôler des routes commerciales lucratives. De plus, la conquète de ce pays inconnu aux limites du monde connu augment son prestige et fait entrer le conquérant dans la légende.
Conquête du Pendjab (327-326)
Au printemps 327 av. J.-C., Alexandre quitte la bactriane à la tête d'un cortège de 120 000 personnes, incluant soldats et civils. Les Macédoniens et Grecs composent la moitié de ses troupes, complétées par des Asiatiques et des marins égyptiens et phéniciens. Il traverse les monts Paraponisades, puis fonde Alexandrie-du-Caucase, où il reçoit le renfort de Taxilès, roi de Taxila, qui cherche l'aide d'Alexandre contre son voisin Pôros.
La conquête de la rive sud du Cophen se fait sans difficulté, mais la résistance des Assacènes dans le Gandhara est féroce. Leur capitale, Massaga, tombe après un siège où Alexandre est blessé. Selon les chroniqueures, ce n'est que par des basses manoeuvres politiques qu'il parvient à faire tomber la ville. Il aurait ensuite fait massacrer toute la population, et réduit les batiments en décombres. Ce qu'il reste des Assacènes se réfugie dans la place forte d'Aornos, réputée imprenable. Il la conquiert finalement en avril326, et y fait construire un temple dédié à Athèna.
La route d'Alexandre en Inde
Bataille de l'Hydaspe
Au printemps 326, Alexandre franchit l'Indus et séjourne à Taxila. Son armée affronte Pôros, roi de Paurava, près de l'Hydaspe. Alexandre manœuvre habilement et traverse le fleuve pour attaquer Pôros à revers. La bataille est violente, mais Alexandre en sort victorieux. Bucéphale, le cheval d'Alexandre, meurt lors de la bataille, et Alexandre fonde en son honneur la ville de Bucéphalie.
Après avoir consolidé sa victoire, Alexandre projette de continuer vers l'est. Cependant, sur les rives de l'Hyphase (Beâs), ses troupes, épuisées par des années de campagne, refusent d'aller plus loin. Alexandre, malgré son désir de conquérir la vallée du Gange, se résigne et ordonne le retour. Il érige douze autels monumentaux pour marquer le point extrême de sa progression à l'est.
Conquête de la Vallée de l’Indus (326-325)
Pour sécuriser son retour, Alexandre décide de soumettre toute la vallée de l’Indus. Il fait construire une flotte de 1 000 navires pour descendre les fleuves Hydaspe et Acésine. La flotte, dirigée par Néarque, doit relier l’Indus aux bouches du Tigre et de l’Euphrate. Alexandre divise son armée en trois corps : Cratère remonte par l’Arachosie, Néarque prend la mer, et Alexandre lui-même longe la côte de la Gédrosie.
Plusieurs peuples se soumettent rapidement à Alexandre, mais les Cathéens, les Malliens et les Oxydraques se soulèvent. Alexandre commet une erreur stratégique en attaquant une ville peuplée de brahmanes malliens, provoquant une rébellion. Il est gravement blessé lors de cet assaut, et la rumeur de sa mort se répand rapidement, entraînant la défection de mercenaires grecs en Bactriane.
Pendant sa convalescence, Peithon, gouverneur militaire de l'Indus, mène une campagne de répression violente contre les Malliens, rasant des villes et réduisant leurs habitants en esclavage. Alexandre fonde plusieurs garnisons et fortifie des citadelles.
Alexandre rejoint finalement l’embouchure de l’Indus au printemps 325 av. J.-C. À Patala, il établit un port, des arsenaux et des citernes pour favoriser le commerce entre cette région et le reste de son empire, tandis que la flotte de Néarque se lance à la recherche de l'embouchure du Tigre.
Retour Pénible à Babylone (325)
Alexandre mène une marche difficile à travers le désert de Makran, où son armée souffre de la soif et de la faim. La marche est marquée par des pertes humaines importantes, mais Alexandre atteint Pura en décembre 325. Il est rejoint par Cratère, qui a suivi une route plus sûre. Néarque réussit à rallier l'embouchure de l’Euphrate, établissant ainsi une route maritime viable pour le commerce entre l'Inde et la Babylonie.