Le Bon Roi Henri IV



Henri IV, surnommé « le Grand » ou « Le Vert Galant », fut l’un des monarques les plus marquants de l’histoire de France. Roi de Navarre à partir de 1572 et roi de France dès 1589, il incarne une figure complexe, oscillant entre habileté politique, tolérance religieuse et pragmatisme économique

Avant le trône

Jeunesse en Navarre

Henri naît le 13 décembre 1553 au château de Pau, au cœur du Béarn. Fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, il est élevé dans la foi protestante selon les principes austères du calvinisme, tout en étant officiellement baptisé catholique. Enfant curieux et intrépide, il passe une partie de sa jeunesse dans les montagnes du Béarn, se familiarisant avec les coutumes locales et la vie simple de ses sujets.

Dès son adolescence, Henri accompagne l'amiral de Coligny lors des campagnes de la troisième guerre de Religion. Cette formation précoce fera de lui un chef de guerre très talentueux.  En 1572, après la mort de sa mère, il devient roi de Navarre, un royaume semi-indépendant entre la France et l'Espagne.



Henri de Navarre adolescent

Un mariage décisif

Son rang et sa confession le désignent naturellement pour le projet de Catherine de Médicis, qui pense pouvoir mettre fin aux guerres par une union matrimoniale entre la couronne et un grand prince protestant. Le 12 août 1572, Henri épouse Marguerite de Valois, fille de Henri II, dans une cérémonie grandiose sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. Ce mariage, en faisant entrer un prince hugenot dans la famille royale, devait sceller la réconciliation entre catholiques et protestants.

Mais cet événement est suivi du massacre de la Saint-Barthélemy, durant lequel des milliers de protestants sont assassinés à Paris et dans tout le royaume, mettant fin aux espoirs de paix religieuse. Présent dans la capitale la nuit du massacre, Henri est contraint d’abjurer une première fois le protestantisme pour sauver sa vie.



Massacre de la Saint-Barthélemy

Le chemin vers le trône de France

La mort de François d’Anjou en 1584 fait de lui l’héritier légitime du trône de France, grâce à son mariage avec Marguerite de Valois. Mais Henri de Navarre, qui s'est reconverti au protestantisme, se heurte à l’hostilité de la Ligue catholique, soutenue par l’Espagne. Les guerres de Religion s’intensifient, plongeant le royaume dans une profonde instabilité.

En 1589, après l’assassinat d’Henri III par un moine fanatique, Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d’Henri IV. Cependant, son pouvoir est loin d'être assurer : il doit d'abord vaincre la Ligue Catholique, qui contrôle une bonne partie du royaume, dont Paris. Pour rallier les catholiques modérés, Henri abjure le protestantisme une seconde fois en 1593, selon sa formule célèbre :

«Paris vaut bien une messe»

Par sa conversion au catholicisme, il rallie à lui la quasi-totalité du pays, fatigué après plus de 30 ans de guerres de Religion. En 1594, il est sacré roi à Chartres et entre triomphalement dans Paris.



Henri IV abjure le protestantisme

Un règne marqué par la paix et la reconstruction

Henri IV hérite d’un royaume déchiré par plus de trente ans de conflits religieux. Son règne est marqué par une volonté constante de réconciliation et de pacification.

En 1598, il promulgue l’édit de Nantes, qui accorde aux protestants une liberté de culte limitée et met fin aux guerres de Religion. Ce geste courageux lui vaut l’admiration de certains et la méfiance d’autres, mais il assure une paix relative dans le royaume.

Réformes économiques et urbanisme

Avec l’aide de son ministre, le duc de Sully, Henri IV redresse les finances du royaume. Ensemble, ils encouragent l’agriculture, la reconstruction des infrastructures et le développement du commerce. Sully résume leur politique économique, centrée sur l'agriculture, avec sa formule célèbre :

«Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France



Le duc de Sully, principal ministre de Henri IV

Henri IV modernise également Paris, lançant des projets ambitieux tels que la construction du Pont-Neuf, la place des Royale (place des Vosges) et la place Dauphine. Ces réalisations urbaines, encore visibles aujourd’hui, témoignent de sa vision pour une capitale à la hauteur de son royaume.



La sublime Place des Vosges, à Paris

Un roi proche de son peuple

Henri IV était réputé pour sa simplicité et sa proximité avec ses sujets. Il rêvait que «chaque paysan ait une poule au pot chaque dimanche», symbole de prospérité et de bien-être. Sa personnalité chaleureuse et son pragmatisme politique lui valurent le surnom affectueux de «Bon Roi Henri».

L’expansion outre-Atlantique

Sous son règne, la France commence à établir une présence en Amérique. Henri IV soutient les expéditions de Samuel de Champlain, qui fonda Québec en 1608, jetant ainsi les bases de la Nouvelle-France.

L’assassinat et l’héritage d’Henri IV

Le 14 mai 1610, alors qu’il traverse Paris, Henri IV est assassiné par François Ravaillac, un catholique fanatique.

Sa mort plonge la France dans le deuil, mais son règne laisse un héritage durable. Son fils, Louis XIII, lui succède, et la régence est assurée par sa veuve, Marie de Médicis.



Assassinat de Henri IV

Henri IV reste dans l’imaginaire collectif comme un roi conciliant, humaniste et soucieux de son peuple. Son règne marque le début d’une ère de prospérité et de stabilité qui prépare la France à l’avènement de l’absolutisme.

Conclusion

Henri IV fut un monarque d’exception, mêlant pragmatisme politique, vision économique et humanité. Son règne a non seulement stabilisé un royaume fracturé, mais il a également posé les bases d’une France moderne, forte et unifiée. Aujourd’hui encore, il incarne l’image du « roi proche de son peuple », et la figure du conciliateur.



Quiz de révision

Il épouse la princesse Marguerite de Valois, fille du roi Henri II.
Faux ! Quelques jours après le mariage, des milliers de protestants sont massacrés.
L'assassinat de Henri III.
Il se convertit au catholicisme.
Vrai ! Il tente d'apaiser les tensions religieuses et de développer économiquement la France.