Jeanne d’Arc



En pleine guerre de Cent Ans, une jeune fille surgit d’un petit village pour transformer l’histoire de la France. Alors que les Anglais et leurs alliés bourguignons tiennent Paris, Jeanne d’Arcune simple paysanne, va renverser le cours des événements, redonnant espoir à un royaume morcelé et désespéré.

Son épopée, marquée par des victoires militaires éclatantes, mais aussi par une trahison et une fin tragique, résonne avec force dans l'histoire de France.

Une France Divisée et Envahie

Au début du XVe siècle, la France est dévastée par la guerre de Cent Ans, un conflit séculaire opposant le royaume  à l’Angleterre. À cela s’ajoute une guerre civile fratricide entre Armagnacs et Bourguignons pour le contrôle du pouvoir. 

La folie du roi Charles VI laisse le royaume sans véritable autorité. En 1420, manipulés par les Anglais, ce dernier signe le traité de Troyes, qui déshérite le dauphin Charles, au profit d’Henri V d’Angleterre. Après les décès successifs de Charles VI et d’Henri V en 1422, c'est Henri VI, un enfant, qui est proclamé roi de France et d’Angleterre par les anglo-bourguignons installés à Paris.

Charles, replié à Bourges avec ses soutiens, ne contrôle plus que le sud de la Loire. Le nord du royaume, y compris Paris, est sous domination anglaise et bourguignonne. 



 

Une Mission Divine

Jeanne naît dans le village de Domrémy, aux confins des vosges, dans une famille de paysans. Dès l’âge de 13 ans, elle affirme entendre des voix celestes : Dieu s'adresserait à elle par l'intermédiaire de plusieurs Saints, dont Saint-Michel. À l'âge de 17 ans, les voix lui confient une mission : se rendre auprès du dauphin Charles et le conduire jusqu'au sacre à Reims.

À cette époque, le sacre dans la cathédrale de Reims conférait une légitimité sacrée à la royauté. Sans cette cérémonie, le pouvoir de Charles restait contesté.



Jeanne entend les voix.

En 1429, Jeanne quitte son foyer et se rend à Vaucouleurs pour demander au capitaine de la forteresse, Robert de Baudricourt, une escorte pour rejoindre le dauphin. Peu prise au serieux, elle est d'abord reconduite.

Cependant, la ferveur de Jeanne convainc de nombreux habitants, et la réalisations de plusieurs de ses prédictions (elle prédit l'issue d'une bataille et la guérison d'un seigneur) lui permet finalement de gagner la confiance de Robert. Celui-ci lui donne une escorte de six hommes pour qu'elle puisse accomplir son voyage jusqu'au roi.



Jeanne quitte Vaucouleurs.

Après un périple périlleux à travers des terres bourguignonnes, elle parvient à Chinon. Là, elle reconnaît le dauphin parmi ses courtisans, sans l'avoir jamais vu auparavant et alors qu'il ne porte aucun signe distinctif. Elle se présente à lui comme une envoyée de Dieu qui doit porter secours à son royaume. 

Après beaucoup d'hésitations, Charles, impressionné par son assurance et son charisme, ainsi que troublé par plusieurs épisodes mystiques, accepte finalement qu'elle accompagne un convoi de ravitaillement qui doit alimenter la cité d'Orléans, assiégée par les anglais. 


L’Héroïne d’Orléans

Le siège d’Orléans, commencé en octobre 1428, est un moment critique de la guerre. La chute de la ville signifierait l’effondrement des derniers bastions fidèles au dauphin. En avril 1429, Jeanne entre à Orléans à la tête d’un convoi de ravitaillement et redonne espoir à la population et aux soldats.



Jeanne entre à Orléans avec le ravitaillement. Sa présence redonne espoir aux habitants. 

Portant une armure et brandissant sa célèbre bannière blanche ornée des mots «Jésus-Maria», Jeanne pousse la population à résister et galvanise les troupes de la garnison française. Elle convainc les soldats de mener des sorties contre les assiégeants anglais pour briser le siège.

Elle participe elle même à plusieurs assauts décisifs contre les bastilles anglaises, accompagnant les soldats avec sa bannière. Les fortins qui encerclent la ville tombent les uns après les autres. Le 8 mai 1429, les Anglais lèvent le siège. Cette victoire spectaculaire marque un tournant dans la guerre. 

Jeanne devient la «Pucelle d’Orléans», une figure de légende.



Jeanne guide les soldats, brandissant sa bannière.


La Chevauchée Vers Reims

Après Orléans, Jeanne persuade Charles de marcher vers Reims pour se faire sacrer. Ce pari audacieux implique de traverser des territoires tenus par les Bourguignons.

En juin 1429, elle remporte une série de victoires lors de la campagne de la Loire, dont les batailles de Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency et la décisive victoire de Patay, où les troupes anglaises sont écrasées.



La bataille de Jargeau

Ces succès permettent à Jeanne et à l’armée royale d’avancer sans grande résistance. Troyes ouvre ses portes, suivie de Châlons, et Reims est atteinte en juillet. Jeanne participe à tous ces succès, galvanisant les troupes par sa présence et la puissance de son message.


Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de ReimsCharles VII est sacré roi de Francelégitimé aux yeux de tous. Jeanne, sa bannière à la main, assiste à la cérémonie. Sa mission semble accomplie.



Le sacre de Charles VII, sous les yeux de Jeanne d'Arc


La Descente et la Capture

Après le sacre, Jeanne souhaite reprendre Paris, alors sous contrôle bourguignon. Cependant, les conseillers de Charles, jaloux de son influence, freinent ses ambitions. Une tentative d’assaut sur Paris en septembre 1429 échoue. Jeanne est blessée lors de l’attaque de la porte Saint-Honoré. Peu après, l’armée royale se retire. 

Jeanne est très déçu de la retraite royale. Toujours ardente et intransigeante, elle pousse pour continuer la guerre et rechercher le combat frontal, mais la stratégie de Charles a évolué. Maintenant que le roi a stabilisé sa situation, il préfère temporiser et négocier, plutôt que de risquer de tout perdre dans une bataille ou un siège qui tournerait mal.


La pucelle continue à combattre, mais ses moyens se réduisent. En mai 1430, elle est envoyée défendre Compiègne devant les bourguignons. Le 23 mai, lors d’une sortie, elle est capturée. Jean de Luxembourg, l’un des chefs bourguignons, la vend aux Anglais pour 10 000 livres. Jeanne est transférée à Rouen, où l’attend un procès orchestré par ses ennemis.



Jeanne est capturée

Le Procès et la Mort : Une Tragédie Politique

À Rouen, Jeanne est jugée pour hérésie par un tribunal ecclésiastique présidé par l’évêque Pierre Cauchon, allié des Anglais. Les accusations portent sur sa foi, ses visions et son port d’habits masculins. Isolée et sans défenseur, elle fait preuve d’un courage et d’une intelligence remarquables, mais le verdict est inévitable : elle est déclarée hérétique et livrée au bras séculier.

Le 30 mai 1431, Jeanne est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché à Rouen. Jusqu’au bout, elle affirme son innocence et sa fidélité à Dieu. Sa mort est un choc, même pour certains de ses ennemis. Le bourreau, bouleversé, dira :

«Nous avons brûlé une sainte



Jeanne au bûcher

L’Abandon du Roi et les Controverses

Charles VII, dont le trône a été sauvé grâce à Jeanne, reste passif pendant son procès. Certains y voient de la lâcheté, d’autres une prudence politique, car intervenir aurait risqué de raviver la guerre civile avec les Bourguignons. Cet abandon de Jeanne sera critiqué pendant des siècles. 

En 1456, après la reconquête de Rouen, un procès en réhabilitation est mené. Il annule le jugement de 1431 et lave l’honneur de Jeanne. Ce procès met en lumière les irrégularités du premier, soulignant qu’il avait été piloté par des intérêts politiques.

Un Héritage Immortel

Jeanne d’Arc a changé le cours de l’histoire européenne. Ses victoires militaires ont redonné à la France la confiance nécessaire pour repousser les Anglais et les bourguignons.

Après sa mort, Charles poursuit lentement la reconquête de son royaume, réunifiant définitivement la France en 1453, après la bataille de Castillon, et mettant un terme à la guerre de 100 ans. Sans l'intervention de Jeanne dans le moment le plus critique, Charles VII n'aurait peut-être pas pu s'imposer militairement, ni se faire sacrer à Reims, et l'issue de la guerre aurait pu être très différente.

Son sacrifice a forgé un mythe puissant, qui appuyera l'une des premières formes de nationalisme français.Canonisée en 1920, elle est devenue un des symboles les plus universels de courage, de foi et de résistance face à l’injustice.



Statue de Jeanne à Orléans



Quiz de révision

Vrai ! Avec leurs alliés bourguignons.
Dieu le lui aurait ordonné.
Parce qu'elle a permis de libérer la cité d'Orléans, assiégée par les anglais.
Les voies lui ont ordonné de le faire sacrer roi dans la cathédrale de Reims. Avec ce sacre, il gagnerait en légitimité.
Faux ! Elle est jugée par un tribunal religieux, contrôlé par les anglais. Déclarée coupable de sorcellerie, elle est condamnée à mort.