La Guerre de Saintonge (1242-1243)



La guerre de Saintonge (1242-1243) est un conflit opposant le roi de France, Louis IX (Saint Louis), au roi d’Angleterre, Henri III. Ce conflit s’inscrit dans la lutte continue des souverains Plantagenêt pour récupérer leurs possessions perdues en France après les victoires capétiennes du début du XIIIe siècle. Cet épisode marque une nouvelle tentative anglaise de restaurer leur influence dans les territoires du sud-ouest de la France, particulièrement dans le Poitou et la Saintonge, régions historiquement disputées.

Les causes du conflit

Depuis la défaite de Jean sans Terres à la bataille de Bouvines en 1214 et le traité de Chinon, l’Angleterre a progressivement perdu son influence sur le continent. La perte de la Normandie, de l’Anjou et de la Touraine au profit de la monarchie capétienne a considérablement affaibli la position anglaise en France. De plus, l’Aquitaine, bien que sous contrôle anglais, demeure instable en raison des tensions entre les seigneurs locaux et le pouvoir central anglais. 



Philippe Auguste à la bataille de Bouvines.

En 1241, Louis IX décide de confier le comté de Poitou à son frère, Alphonse de Poitiers. Cette décision est perçue comme une menace par les seigneurs locaux, notamment Hugues X de Lusignan, comte de La Marche et époux d’Isabelle d’Angoulême, ancienne reine d’Angleterre et mère d’Henri III

La famille Lusignan, puissante et influente, se sent lésée par cette décision qui renforce l’autorité capétienne sur la région. Hugues X entre en rébellion et sollicite l’aide du roi d’Angleterre, qui voit dans cette crise une opportunité de restaurer son pouvoir sur le Poitou et la Saintonge. Henri III décide alors de lever une armée et de débarquer en France pour soutenir ses alliés.



Henri III d'Angleterre.

La bataille de Taillebourg

 En mai 1242, Henri III quitte l’Angleterre avec une importante armée et débarque à Royan. Rejoint par des barons poitevins mécontents, il s’empare de plusieurs places fortes dans la région. Son objectif est d’établir un corridor permettant aux forces anglo-poitevines de contrôler la Saintonge et de progresser vers le nord.

Louis IX réagit rapidement en organisant une contre-offensive. Il rassemble ses troupes et marche en direction de l’armée anglaise. Le 21 juillet 1242, les deux armées se rencontrent lors de la bataille de Taillebourg

Taillebourg est un point stratégique sur la Charente, dont le contrôle est essentiel pour les mouvements militaires.



Carte : localisation de Taillebourg

Henri III, initialement en position défensive, tente d’organiser un siège, mais il sous-estime la réactivité des troupes françaises. Louis IX, accompagné d’Alphonse de Poitiers et de son fidèle connétable Imbert de Beaujeu, mène une attaque audacieuse qui surprend les forces anglo-poitevines. La cavalerie française traverse rapidement le pont de Taillebourg et engage le combat.

Pris de panique, les troupes anglaises, bien que numériquement supérieures, sont désorganisées et forcées de battre en retraite vers Saintes. Henri III tente de reformer ses lignes, mais la pression de l’armée capétienne l’oblige à abandonner la ville et à se replier vers Bordeaux. Cette défaite marque la fin des ambitions anglaises dans la région.



Louis IX traverse le pont de Taillebourg.

Les conséquences de la guerre

La victoire française à Taillebourg scelle le sort du conflit. Après la déroute anglaise, les rebelles poitevins, privés de soutien, sont incapables de poursuivre la lutte. En 1243, Hugues X de Lusignan est contraint de se soumettre à Louis IX, mettant ainsi fin à la rébellion en Poitou.

La trêve de Bordeaux, signée en 1243 entre la France et l’Angleterre, marque une nouvelle étape dans l’affaiblissement du pouvoir Plantagenêt en France. Henri III, incapable de reconquérir ses terres perdues, est contraint de reconnaître la suprématie capétienne sur le Poitou et la Saintonge.

Les conséquences à long terme sont nombreuses :

  • Affermissement du pouvoir capétien : Louis IX impose définitivement son autorité sur la région et affaiblit les seigneurs locaux en rébellion.
  • Affaiblissement de l’Angleterre : Henri III subit un revers humiliant, qui réduit son prestige et exacerbe les tensions internes au sein du royaume d’Angleterre.

  • Préparation de la future paix : Bien que la guerre entre la France et l’Angleterre se poursuive sporadiquement, cette trêve prépare le terrain pour les négociations qui aboutiront à une période de paix relative sous le règne de Saint Louis.


Saint Louis

Conclusion

La guerre de Saintonge illustre la difficulté pour les rois d’Angleterre de récupérer leurs anciens territoires continentaux face à une monarchie capétienne en pleine consolidation. La victoire de Louis IX à Taillebourg confirme l’expansion territoriale des Capétiens et leur capacité à écraser toute tentative de reconquête anglaise. Ce succès militaire et politique renforce le prestige de Saint Louis, qui s’impose comme un roi sage et stratège, garant de la stabilité du royaume de France.



Quiz de révision

Par une révolte des seigneurs poitevins, qui appellent à l'aide le roi d'Angleterre
Faux ! Louis IX à Henri III d'Angleterre
1242
Faux ! Saint Louis s'impose, renforçant son contrôle sur le Poitou et la Saintonge