​L'âge d'or de Justinien (527-565)



L’Empire byzantin connut sous le règne de Justinien Ier (527-565) une période de grandeur inégalée. Ce souverain énergique aux ambitions colossales, voulait restaurer la gloire de l’Empire romain.

Les grandes conquêtes de Justinien

L’un des rêves de Justinien était de restaurer l’Empire romain dans toute son étendue. Pour cela, il envoya à son brillant général Bélisaire mener une série de campagnes militaires en méditerranée.  



Le général Bélisaire

En Afrique du Nord, l’armée byzantine s’attaqua au royaume des Vandales, établi depuis le Ve siècle. En 533, Bélisaire remporta une victoire décisive à la bataille de Tricamarum, réintégrant l’Afrique du Nord dans l’Empire.  

Justinien poursuivit ensuite son ambition en Italie, où les Ostrogoths avaient établi leur royaume. Après une guerre longue et dévastatrice, l’Italie fut reconquise, mais le conflit avait laissé la péninsule exsangue.

Enfin, une partie de l’Espagne méridionale fut reprise aux Wisigoths, consolidant ainsi l’idée d’un empire rénové.  



Carte : la reconquête de Justinien

Cependant, ces campagnes eurent un coût énorme : les caisses de l’État furent lourdement ponctionnées, alors que les provinces reconquises, notamment l’Italie, ne retrouvèrent jamais leur prospérité d’antan.  

Le Code de Justinien : une œuvre fondatrice

 Si Justinien voulait restaurer la grandeur territoriale de Rome, il souhaitait aussi unifier l’Empire sur le plan juridique. C’est ainsi qu’il entreprit une révision colossale des anciennes lois romaines, un projet colossale !

Le résultat fut le Corpus Juris Civilis, ou Code de Justinien, publié en 529. Véritable prouesse administrative, ce recueil regroupait les lois romaines, les commentaires des juristes et les nouvelles constitutions impériales. Il devint la base du droit byzantin et influença profondément le droit européen pendant les siècles suivants.  

La splendeur de Constantinople  

Sous Justinien, Constantinople atteignit un sommet de splendeur. Le monument le plus emblématique de cette période reste sans doute la basilique Sainte-Sophie. Reconstruite entre 532 et 537 après avoir été brulée lors de la révolte de Nika, cette cathédrale devint un chef-d’œuvre d’architecture, célèbre pour son immense dôme qui semble flotter dans les airs.  




La Basilique Sainte Sophie, aujourd'hui la grande mosquée Sainte-Sophie.

La ville, ornée de nouveaux monuments, de palais et d’infrastructures, brillait comme le cœur de la chrétienté. Justinien voulait que Constantinople soit à la hauteur de son ambition impériale : une capitale éternelle et sacrée.  

L’héritage mitigé  

Malgré ses réussites impressionnantes, le règne de Justinien ne fut pas sans ombres. Les guerres incessantes, les famines et les épidémies (notamment la terrible peste Justinienne de 541) affaiblirent l’Empire. À sa mort, si Byzance s’était agrandie, elle était aussi confrontée à de nouveaux défis : des frontières difficiles à défendre, des finances fragiles et un peuple exténué.  



Saint-Sébastien bénit les morts pendant la peste

Justinien laissa toutefois un héritage durable. Son règne incarna l’apogée de l’Empire byzantin, un moment où Byzance semblait capable de renouer avec la grandeur de Rome, tout en affirmant son identité chrétienne et byzantine.