Après la reprise de Constantinople en 1261 par Michel VIII Paléologue, l’Empire byzantin semblait renaître de ses cendres. Mais cette renaissance fut éphémère.
Affaibli économiquement, militairement et politiquement, l’Empire ne put empêcher sa lente érosion face à des adversaires de plus en plus puissants, notamment les Turcs ottomans.
La restauration de Constantinople
En 1261, Michel VIII Paléologue, empereur de l’Empire de Nicée, réussit à reconquérir Constantinople, mettant fin à l’Empire latin établi par les Croisés. Ce fut un moment de triomphe pour les Byzantins.
Cependant, la ville était en ruines : les remparts étaient délabrés, les églises et les palais pillés, et la population avait considérablement diminué. Michel VIII entreprit de restaurer Constantinople, mais les ressources limitées de l’Empire rendaient ces efforts difficiles.
Une économie affaiblie
Le commerce, autrefois florissant, était désormais dominé par les puissances italiennes, notamment Venise et Gênes, qui contrôlaient de nombreuses routes commerciales et exerçaient une influence considérable sur l’économie byzantine.
L’Empire Paléologue devint dépendant de ces républiques maritimes, incapable de rivaliser économiquement. Les caisses de l’État étaient souvent vides, et l’Empire se retrouva régulièrement contraint de céder des privilèges commerciaux à ses voisins.
L'Empire au XIVème siècle
La menace ottomane
Le principal défi des derniers siècles de Byzance fut la montée en puissance des Turcs ottomans. Fondé au XIIIe siècle, le Sultanat ottoman s’étendit rapidement en Anatolie et dans les Balkans, menaçant directement les territoires byzantins.
En 1354, les Ottomans franchirent les Dardanelles et s’établirent en Europe. À partir de là, ils multiplièrent les conquêtes dans les Balkans, encerclant progressivement Constantinople.
L'Empire en 1450
Les empereurs byzantins tentèrent de résister, mais les moyens militaires de l’Empire étaient dérisoires face à la puissance ottomane. Ils furent souvent contraints de demander l’aide de l’Occident, sans grand succès : les divisions religieuses entre catholiques et orthodoxes rendaient une alliance difficile.
Les divisions internes
Les derniers siècles de l’Empire furent également marqués par des querelles internes. Les rivalités dynastiques affaiblirent le pouvoir impérial, tandis que les débats religieux, notamment autour de l’Union des Églises (tentative de réconciliation entre orthodoxes et catholiques), divisèrent profondément la population.
En 1439, lors du Concile de Florence, l’empereur Jean VIII Paléologue accepta l’union des Églises latine et orthodoxe en échange d’un soutien militaire occidental contre les Ottomans. Mais cet accord fut rejeté par la majorité des Byzantins, qui voyaient cette union comme une trahison de leur foi.
Basilique Santa Maria del Fiore de Florence, où fût signé le décret d'union.
La dernière résistance
En 1453, Constantinople, dernière grande ville de l’Empire, était isolée, encerclée par les territoires ottomans. L’empereur Constantin XI Paléologue, dernier souverain byzantin, se prépara à une ultime résistance face au sultan ottoman Mehmed II.
Le 6 avril 1453, Mehmed II lança le siège de Constantinople. Grâce à l’artillerie moderne, notamment un gigantesque canon conçu par un ingénieur hongrois, les Ottomans bombardèrent les murailles de la ville. Les remparts de Théodose, qui avaient protégé la ville depuis un millénaire, furent brisés par la puissance de feu moderne.
L'assaut des murailles, et les canons Turcs
Malgré une défense héroïque, la ville tomba le 29 mai 1453. Constantin XI mourut au combat, devenant un symbole de résistance et de sacrifice. Avec la chute de Constantinople, l’Empire byzantin prit fin, après plus de mille ans d’existence.
Constantin XI charge les Ottomans
Héritage d’un empire millénaire
Bien que disparu en tant qu’entité politique, l’Empire byzantin laissa un héritage durable. Son rôle dans la transmission de la culture grecque et romaine à l’Europe médiévale fut fondamental : après la chute de Constantinople, de nombreux érudits byzantins émigrèrent en Occident, contribuant à la Renaissance.
De plus, le christianisme orthodoxe, diffusé par Byzance dans les Balkans et en Russie, continua de prospérer et de façonner l’identité culturelle et religieuse de ces régions.
L’histoire de Byzance est celle d’une résilience extraordinaire : malgré des siècles de défis, l’Empire a réussi à survivre bien au-delà de ce que beaucoup auraient imaginé, laissant une empreinte indélébile dans l’histoire de la méditerranée, et du monde.





