Néron, le cinquième empereur romain, est l'une des figures les plus controversées de l'histoire de Rome. Né en 37 ap. J.-C., il régna de 54 à 68 ap. J.-C. et est souvent associé à des excès artistiques, des réformes sociales, et une tyrannie notoire. Mais que lui vaut donc une telle réputation ?
Les Débuts de Néron
Naissance et Jeunesse
Lucius Domitius Ahenobarbus, plus tard connu sous le nom de Néron, naît le 15 décembre 37 ap. J.-C. à Antium. Il est le fils de Gnaeus Domitius Ahenobarbus et d'Agrippine la Jeune, qui, après la mort de son mari, se remarie avec l'empereur Claude.
En 50 ap. J.-C., Claude adopte Néron, le désignant comme héritier, préférant ce dernier à son propre fils, Britannicus.
Buste de Claude, prédécesseur de Néron
Montée au Pouvoir
À la mort de Claude en 54 ap. J.-C., probablement empoisonné par Agrippine, Néron devient empereur à l'âge de 16 ans. Ses premières années de règne sont marquées par l'influence de sa mère, Agrippine, ainsi que de ses conseillers, le philosophe Sénèque et le préfet du prétoire Burrus.
Le Règne de Néron
Réformes et Politique
Au début de son règne, Néron entreprend plusieurs réformes visant à améliorer la justice et l'administration. Il réduit les impôts, limite les dépenses publiques excessives et introduit des réformes judiciaires. Ces mesures sont bien accueillies par le peuple et contribuent à renforcer son image d'empereur bienveillant.
Décadence
Cepandant l'euphorie est de courte durée : l'Empereur s'entoure de favorits et mène une vie de débauche dans son palais. Alors qu'il cherche à épouser sa favorite, il craint la réaction de sa mère et la fait assassiner. Leur relation était devenue de plus en plus conflictuelle, et cet évènement marque un tournant dans son règne. Il perd le soutient du peuple qui vandalise ses statues.
Néron ordonnant l'assassinat de sa propre mère lors d'un banquet
Néron est passionné par les arts, notamment le théâtre, la musique et la poésie. Il participe activement aux jeux et concours artistiques, ce qui choque les élites romaines. Le théatre est encore à cette époque considéré comme une forme de prostitution, surtout qu'il lui arrive de jouer des rôles féminins.
La débauche aumente encore d'un cran, alors qu'il joue le rôle de l'épouse de son esclave affranchi lors d'un banquet, et se mélange aux roturiers.
Alors que se maitresse tombe enceinte, il va enfin l'épouser. Pour cela, il divorce de sa femme, Octavia, avant de la faire assassiner en 62. La mort de l'Augusta, un modèle de pureté, provoque des émeutes. La réputation de l'Empereur, aussi bien auprès du peuple que de l'aristocratie, est alors au plus bas, mais une nouvelle polémique va bientôt impliquer l'Empereur.
L'Incendie de Rome et les Persécutions
En 64 ap. J.-C., un incendie dévastateur ravage Rome. Bien que les causes exactes restent inconnues, des rumeurs accusent Néron d'avoir délibérément provoqué l'incendie pour faire place à ses projets de reconstruction, notamment la Domus Aurea, un somptueux palais. Pour détourner les accusations, Néron lance une persécution contre les chrétiens, les accusant d'être responsables du feu. Selon d'autres rumeurs, il aurait joué de la lyre depuis le sommet du Quirinal, en observant l'incendie ravager la ville.
Ces accusations terribles, portés par les historiens antiques, tendent à être contredites par les études contemporaines. Dans la réalité, l'Empereur aurait fait tout son possible pour secourir et apporter son soutien aux victimes, allant jusqu'à ouvrir les portes de son palais. Il n'a certainement pas non plus provoqué l'incendie, mais y voit bien une occasion pour remodeler Rome.
Il se fait construire un palais sublime, le Domus Aurea, qui possèdait notamment une salle à manger maintenue en constante rotation, grâce à des mécanisme avancés.
La fameuse salle à manger "rotative" de Néron, vue par un artiste
Les Conspirations et la Chute
Les dernières années du règne de Néron sont marquées par des conspirations et des révoltes.
- En 65 ap. J.-C., la Conjuration de Pison, une tentative de coup d'État, est déjouée, mais révèle l'ampleur de l'opposition contre lui. Les exécutions et les purges affaiblissent davantage son soutien parmi les élites.
- En 68 ap. J.-C., la révolte du gouverneur de Gaule, Gaius Julius Vindex, déclenche une série de soulèvements. Abandonné par le Sénat et ses gardes prétoriennes, Néron se réfugie à la périphérie de Rome et se suicide le 9 juin 68 ap. J.-C., mettant fin à la dynastie julio-claudienne.
Suicide de Néron
Il est renié par les romains, condamné à la damnation mémorielle. Il est désigné par tout les historiens antiques, comme l'un des pires Empereurs de Rome, et une honte pour l'Empire.
L'Héritage de Néron
Contributions Culturelles
Malgré sa réputation de tyran, Néron laisse un héritage culturel notable. Son soutien aux arts et sa passion pour la culture ont influencé la vie artistique à Rome.
Une Réputation Complexe
L'historiographie ancienne, notamment les œuvres de Suétone et Tacite, peint Néron sous un jour extrêmement négatif, mettant en avant ses cruautés et ses excès. Cependant, des réévaluations modernes tentent de nuancer cette image, reconnaissant certaines réalisations administratives et ses contributions artistiques.
Entre temps, Néron est devenu un personnage mythique, souvent représenté dans la littérature, l'opéra et le cinéma. Son nom est synonyme de décadence et d'une folie qui, à la tête d'un Empire, ne trouve aucune limite. L'assassinat de son épouse, et de sa propre mère, ainsi que les rumeurs de son implication dans l'incendie de Rome, font de lui un personnage à la cruauté sans limite qui marque donc les esprits. Il devient la figure romaine maléfique par excellence.





