Héliogabale, né vers 203 ou 204, est l’un des empereurs les plus controversés de l’histoire romaine. Monté sur le trône en 218 à l’âge de 14 ans, avoir été proclamé héritier grâce à une conspiration menée par sa grand-mère, Julia Maesa. son court règne de quatre ans (218-222) est marqué par une série de scandales qui choquent profondément l’élite romaine.
Le prêtre devient Empereur
Héliogabale fait partie de la famille éloignée de Septime Sévère, puisqu'il n'est que son petit-neveu, et ne partageait pas de lien de sagn avec lui. Le futur empereur nait et grandit en Syrie, où il acquiert le statut de grand-prêtre du dieu solaire syrien Élagabal, un rôle qu’il prenait très au sérieux malgré son jeune âge. À la chute de Caracalla, c'est sa grand-mère, Julia Maesa, qui orchestre sa montée sur le trône : elle fait passer le jeune homme pour le fils illégitime de Caracalla, ce qui lui assure le soutien de l'armée.
Julia Maesa compte, en soutenant l'ascension de son petit-fils, placer à la tête de l'Empire un dirigeant jeune et manipulable qui lui permettra d'exercer la réalité du pouvoir.
Pièce à l'effigie de Julia Maesa
Proclamé Empereur à 14 ans, le jeune homme va rapidement attiser la polémique : lui qui était prêtre en Syrie, il tente de promouvoir son culte en imposant un hénothéisme (un culte prédominant) en l'honneur d'Élagabal, relègant à des rôles mineurs les grandes divinités romaines.
Il fait construire un temple monumental sur le Palatin pour y installer la pierre sacrée symbolisant Élagabal et y transfère les objets les plus sacrés de la religion romaine traditionnelle. Cette imposition d’un dieu étranger comme divinité principale de Rome est perçue comme une provocation sans précédent.
Procession : Héliogobale conduit la pierre sacrée dans le temple dédié à Élagabal.
Ce n’est pas seulement sa politique religieuse qui scandalise, mais aussi son mode de vie. Héliogabale choque en adoptant un comportement perçu comme efféminé, portant des vêtements féminins et demandant à être désigné au féminin. Il épouse successivement plusieurs femmes, dont une vestale (une prêtresse romaine), ce qui est en soi un sacrilège. Il aurait également contracté de précédents mariages avec des hommes, dont Hiéroclès, un ancien esclave, qu'il aurait voulu nommer «César».
Les historiens antiques, comme Dion Cassius, décrivent son règne comme une suite d’extravagances et d’abus de pouvoir. Ces récits, bien que souvent exagérés, montrent à quel point Héliogabale déstabilise les normes sociales et politiques de son époque. Ce jeune garçon, issu d'une culture différente et certainement fanatique de son culte, a mal compris l'importance des traditions, dans une société romaine très conservatrice. Cela lui sera fatal.
"Les roses d'Héliogobale". Selon plusieurs historiens, Héliogobale avait fait construire un plafond retractable au dessus d'une salle de banquet. Lorsqu'il le voulait, il pouvait alors faire pleuvoir des pétales de roses si nombreuses, que certains invités s'étouffaient sous leur poids.
La société romaine le perçoit comme une menace non seulement à cause de son comportement personnel, mais aussi parce qu’il laisse une grande partie du pouvoir entre les mains de sa mère, Julia Soaemias, et de sa grand-mère, Julia Maesa.
Malgré son contrôle sur l’armée syrienne qui l’avait initialement soutenu, Héliogabale finit par perdre leur soutien, notamment à cause de ses tentatives de mettre de côté son jeune cousin, Sévère Alexandre, qu’il avait pourtant adopté comme héritier sous la pression de sa famille. En mars 222, l'armée se retourne contre lui. Il est assassiné à l’âge de 18 ans lors d’une émeute au sein du palais. Son corps est traîné dans les rues de Rome avant d’être jeté dans le Tibre, un sort réservé aux pires criminels.
Révolte dans le palais
Conclusion
Bien que son règne soit parfois nuancé par certains historiens, Héliogabale reste avant tout un exemple d’échec politique et d’inadaptation au pouvoir impérial. Son obsession pour le culte d’Élagabal et son mépris des institutions traditionnelles ont provoqué une rupture brutale avec l’aristocratie romaine et l’armée. Ses scandales, ses décisions arbitraires et sa gestion chaotique de l’Empire, auront précipité sa chute.
Entre débauche et folie religieuses, l'échec de son règne montre à quel point la société romaine était attaché à ses propres traditions et à sa culture, dont la supériorité était considérée comme évidente. Son assassinat en 222 et la damnatio memoriae qui s’ensuivit témoignent du rejet total de son règne par ses contemporains.




