Caligula : la Folie au Pouvoir



L’histoire de l’Empire romain est jalonnée de dirigeants controversés. Parmi eux, Caligula, qui monte sur le trône en 37 apr. J.-C. Alors qu'il débute son règne sous les acclamations du peuple, il finit de sombrer dans une folie meurtrière qui provoqua sa chute brutale en 41 apr. J.-C..  

L’accession au trône : Un favori du peuple  

Né en 12 apr. J.-C., Gaius Julius Caesar Germanicus, dit Caligula, était le fils du populaire Germanicus, général adoré des soldats, probablement empoisonné par l'empereur Tibère. Dès son enfance, il fut élevé au sein des légions, où il gagna son surnom de "Caligula" (petite sandale militaire).  

À la mort de Tibère en 37 apr. J.-C., Caligula, alors âgé de 24 ans, fut proclamé empereur avec le soutien de la Garde prétorienne et du Sénat. Son arrivée au pouvoir déclencha un enthousiasme immense, car il apparaissait comme un successeur légitime et digne de son père. Dans les premiers mois, il aboli les procès politiques, organise des jeux somptueux et multiplie les largesses au peuple et aux soldats.  



80 ans après les faits, l'historien Suétone accusera Caligula d'avoir commandité l'assassinat de Tibère, mais le vieil empereur (78 ans) est très certainement mort de causes naturelles.

Cependant, cette euphorie fut de courte durée. Après une grave maladie à la fin de l’année 37 apr. J.-C., Caligula change radicalement. Ses contemporains décrivent une transformation brutale, le faisant passer de jeune prince aimé à tyran paranoïaque et cruel.  

Crises et révoltes : la dérive d’un empereur mégalomane  

Très vite, Caligula se brouille avec le Sénat, qu’il méprise ouvertement. Il humilie les sénateurs, leur impose des actes de soumission absurdes et se proclame dieu vivant, exigeant un culte à sa gloire. L’élite romaine, déjà méfiante, commence à voir en lui une menace pour l’équilibre du pouvoir impérial.  

Mais c’est dans ses campagnes militaires que son irrationalité atteint des sommets. En 40 apr. J.-C., il lance une expédition contre la Bretagne, mais au lieu d’attaquer l’île, il ordonne à ses légions de ramasser des coquillages sur la plage, prétendant ainsi récupérer le "butin de la mer". Cet épisode ridicule scandalise les généraux et fragilise son autorité auprès de l’armée.  

Parallèlement, en Judée et en Égypte, ses exigences religieuses provoquent des tensions. Il ordonne d’installer des statues à son effigie dans les temples juifs, déclenchant des émeutes en Judée et une hostilité croissante parmi les gouverneurs orientaux.  

En 41 apr. J.-C., la situation devient explosive. Ses dépenses colossales vident le Trésor, forçant l’Empire à lever de nouveaux impôts, ce qui accentue la colère des provinces et des élites. La Garde prétorienne, jusque-là fidèle, commence à douter de son leadership.  

L’assassinat de Caligula : Une fin inévitable  

Le 24 janvier 41 apr. J.-C., alors qu’il quitte un spectacle au palais impérial, Caligula est attaqué par un groupe de conjurés. L’empereur reçoit plusieurs coups de glaive, s’effondre, et meurt sur place.  



Assassinat de Caligula

Sa femme et sa fille sont exécutées peu après, mettant fin à son règne chaotique. Quelques heures plus tard, son oncle Claude est proclamé empereur.  

Conclusion : Un règne entre mythe et réalité

Caligula reste l’un des empereurs les plus sulfureux de l’histoire romaine. Tyran fou, despote mégalomane ou simple victime d’une propagande sénatoriale ? Si certaines histoires sur son règne sont sans doute exagérées, il est indéniable que sa brutalité et son mépris des institutions l’ont conduit à sa perte. En à peine quatre ans, il est passé de prince adoré à monstre haï, une trajectoire tragique qui continue de fasciner et d’effrayer encore aujourd’hui.